Les écluses…
L'écluse L’hiver s’en va. L’écluse rêve dans sa cage de fer mouillé. Des chants d’oiseaux mal éveillés montent de l’arbre où sourd la sève. L’écluse parle à l’eau nouvelle, fraîche encor de l’air vif des monts. Oh ! Comment, par-delà les ponts, gagner les forêts d’un coup d’aile ? Mais l’eau déjà pense à la mer où son désir curieux l’entraîne. L’écluse, en sa jalousie vaine, grince dans sa prison de fer. Elle ouvre, comme à contrecœur, les lourdes portes du voyage aux péniches lentes et sages, laissant luire l’adieu d’un pleur. Pierre Libeyre